Un risque sanitaire bien réel
Des risques sanitaires graves et parfois mortels
Selon une étude menée en France en 2025 par la Fondation VINCI Autoroutes, près d’un jeune de moins de 35 ans sur 10 déclare en consommer occasionnellement. En parallèle, les cas d’intoxication signalés ne cessent d’augmenter, en particulier chez les 18-29 ans. Souvent perçu à tort comme inoffensif, le protoxyde d’azote peut pourtant avoir des conséquences graves sur la santé. À forte dose, le danger est réel et peut être mortel. Cette pratique expose également à des comportements à risque et à des accidents, notamment sur la voie publique.
Risques immédiats et vitaux
- Perte de connaissance soudaine
- Asphyxie par manque d’oxygène
- Brûlures des lèvres et des voies respiratoires dues au froid du gaz
- Désorientation, vertiges
- Chutes et traumatismes
- Accidents, notamment sur la voie publique
- Troubles du rythme cardiaque
- Arrêt respiratoire en cas d’inhalation massive
- Coma
- Atteinte neurologique irréversible
- Arrêt cardiorespiratoire
- Décès
Risques à moyen et long terme
- Troubles neurologiques importants
- Fourmillements et pertes de sensibilité
- Paralysies parfois irréversibles
- Lésions de la moelle épinière
- Déficit sévère en vitamine B12
- Neuropathies graves
- Troubles psychiatriques
INFO +
À Puteaux, un arrêté municipal avait été pris le 10 février 2021 pour lutter contre cette pratique. À la demande du préfet, il a été abrogé pour laisser place à un arrêté préfectoral n° 2025-321 en date du 29 avril 2025. Seuls les professionnels pouvaient s’y soustraire et la police municipale était habilitée à verbaliser.
La consommation de protoxyde d’azote pour en obtenir des effets psychoactifs est punie de six mois d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende.
Protoxyde d’azote : les chiffres à retenir
des 18-24 ans ont déjà expérimenté le protoxyde d’azote en 2022
des cas d’abus signalés concernent des consommations à doses élevées avec bonbonnes de grand volume
des usagers signalés déclarent une consommation quotidienne
nouveau-nés signalés en 2023
avec troubles neurologiques à la naissance dans un contexte d’usage maternel pendant la grossesse.
morts sur la route en 2025 dû à la consommation de protoxyde d’azote
des déclarations en 2023 reçues par les centres d’addictovigilance
*Chiffres de Santé Publique France, Le Monde et AFP
Un impact environnemental important
Au 1er janvier 2025, 572 bouteilles avaient été recensées sur le réseau routier par l’Agence départementale des routes.
À l’échelle nationale, le phénomène prend une ampleur importante : en 2023, une commune de 6 000 habitants, dans le Gard, a collecté 10 tonnes de bouteilles, tandis qu’une ville voisine de Nîmes, de 160 000 habitants, en ramasse entre 400 et 800 par semaine. Dans la métropole de Lyon regroupant 58 communes, 37 tonnes ont été récupérées dans l’espace public ou en déchetterie en 2024.
⚠️ Mélangées aux ordures ménagères, les bouteilles et bonbonnes de protoxyde d’azote peuvent exploser dans les bennes à ordures, au sein des centres d’incinération ou sur les lignes de tri.
Ces déflagrations :
► exposent les agents de collecte et de tri à des risques importants ;
► entraînent l’arrêt immédiat des installations ;
► détériorent les équipements et engendrent des coûts supplémentaires de traitement.
Ces déchets à risque doivent être déposés en déchetterie et ne doivent en aucun cas être jetés dans les poubelles classiques.
Aide pour les consommateurs de protoxyde d’azote
Que faire en cas d’intoxication au protoxyde d’azote ?
Le protoxyde d’azote comporte de nombreux risques pour la santé. Si, après en avoir consommé, vous ressentez des engourdissements dans les bras ou les jambes, des sensations de brûlure ou de décharge électrique, des fourmillements, une perte de sensibilité, des difficultés à marcher ou à effectuer certains mouvements, consultez un professionnel de santé ou contactez votre centre antipoison au 01 45 42 59 59.
Si vous ou l’un de vos proches présentez un malaise, des difficultés respiratoires ou des troubles de la conscience, appelez immédiatement un service d’urgence, le 112 pour les urgences médicales, le 15 pour le Samu, ou le 18 pour les sapeurs-pompiers.
Si vous êtes enceinte ou envisagez une grossesse, abstenez-vous de consommer du protoxyde d’azote. Ce produit peut exposer l’enfant à naître à des risques graves.
Que faire en cas de dépendance ?
Le « proto » est une substance susceptible d’entraîner une dépendance. Si vous, ou l’un de vos proches, rencontrez des difficultés à réduire ou à arrêter votre consommation, parlez-en à votre médecin ou adressez-vous à une structure spécialisée dans la prise en charge des addictions, comme un CSAPA ou un centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance et l’addictovigilance.
Les Consultations Jeunes Consommateurs, CJC, accueillent les moins de 25 ans ainsi que leur entourage. Elles proposent un accompagnement gratuit et confidentiel fondé sur l’écoute, le conseil et, si besoin, une orientation vers une prise en charge adaptée.
En complément, Drogues Info Service constitue le dispositif national d’aide à distance sur les questions de drogues et d’addictions, piloté par Santé publique France. Ce service assure une mission d’information, de soutien et d’orientation du public. Il est accessible via le site www.drogues-info-service.fr ou par téléphone au 0 800 23 13 13, 7 jours sur 7, de 8h à 2h. L’appel est gratuit et anonyme.