Puteaux Infos décembre 2012 - Mairie de Puteaux - page 71

Baudruche
- Bronze
U
n artiste a souvent plusieurs cordes à son
arc.Certainspeignentetsculptent,d’autres
sculptent et gravent… Emmanuel Fleury, lui,
coi e et sculpte ! Lorsque vous entrez dans
son salon, vous découvrez aussi son univers.
Entre les coi euses et les sèche-cheveux trô-
nent de magnifiques sculptures qui se jouent
des proportions et des ombres. Actuellement
exposé en Belgique, Emmanuel Fleury n’en
abandonne pas pour autant son métier mais
unit sa passion à son quotidien. Son salon est
devenu sa galerie où l’on sent l’énergie créa-
trice de l’artiste envahir les murs. N’hésitez
pas, venez rencontrer Emmanuel Fleury, il sera
votre guide à travers son œuvre.
Puteaux Infos : Comment avez-vous décou-
vert cette passion ?
Emmanuel Fleury :
Par accident. Je n’avais
jamais pratiqué, jusqu’à ce que je me retrou-
ve confronté à une sculpture qu’avait réalisée
une amie. D’un regard, j’ai trouvé que les fi-
nitions n’étaient pas harmonieuses. Elle m’a
permis d’y toucher. En découvrant son œuvre,
elle m’a o ert un sac de terre en me faisant
me, c’est travailler sa force, sa brutalité et
son angoisse. Mon œuvre renferme aussi un
aspect politique. Sculpter dans un but pure-
ment esthétique n’invite pas à la recherche et
à la profondeur. J’ai compris qu’il fallait allier
esthétique et actualité, à une idée plus pro-
fonde.
PI : Comment définiriez-vous votre œuvre ?
EF :
Multiple. Beaucoup de sculpteurs vont
s’enfermer dans un style… Je passe du lisse à
de l’articulaire, à du modelé, de l’homme à la
femme, à l’animal, du figuratif à de l’abstrait.
Je ne m’impose aucune direction. Je vais là où
mes sentiments me portent.
PI : Avez-vous du mal à vous séparer de vos
œuvres une fois vendues ?
EF :
Non pas du tout. J’aime partager mon tra-
vail. L’intérêt pour un artiste c’est le partage.
Je communique mon émotion à des gens qui
sont réceptifs. Après ils se l’approprient.
PI : En ces périodes de Noël, que conseillez-
vous comme premier achat ?
EF :
Il faut se laisser submerger par ses senti-
ments. Les gens sont les bienvenus dans mon
salon pour découvrir mon travail.
SALON D’EMMANUEL
141 rue de Longchamp - 92200 Neuilly
Tél. : 06 50 75 85 59
Coi eur de son état,
le Putéolien Emmanuel Fleury
sculpte aussi bien les cheveux
que la terre. Ce magicien
des mains est un artiste à
l’état brut qui ne connaît
aucune limite créative. Seuls
ses sentiments et son cœur
généreux le dirigent.
S
CULPTEUR
Emmanuel aux mains d’argent
promettre de m’attaquer à la sculpture ! Elle
m’a persuadé que j’avais quelque chose en
moi qui ne demandait qu’à s’exprimer. Quand
mes proches ont découvert le résultat, tout le
monde était épaté, moi le premier !
PI : Qui sont vos maîtres ?
EF
: Au début de ma carrière,
j’ai toujours refusé de prendre des cours
avec un professeur. Celui-ci vous inculque une
sensibilité qui n’est pas la vôtre. On l’oublie
souvent mais la pratique et la sensibilité sont
deux choses très di érentes. Je ne voulais
pas me sentir pollué. J’ai choisi de préserver
mes émotions. J’ai acheté des livres sur Ro-
din, Michel-Ange, Carpeaux ou Giacometti et
j’ai commencé à travailler en essayant de co-
pier leur travail et en y intégrant ma propre
sensibilité. Je conseille cette pratique à tout
le monde. J’ai moi-même o ert de nombreux
sacs de terre !
PI : Quelles sont vos inspirations ?
EF
: La photographie. Bien que la photo soit un
élément plat, jem’inspire de ce que j’y décèle.
Voir une simplemain passée dans les cheveux
peut faire naître en moi une idée.
PI : Quelle est votre matière favorite ?
EF :
La terre. Je ne me vois pas comme un
sculpteur, plutôt comme un modeleur. On
sculpte sur du marbre, du bois ou de la pierre.
Mais ce n’est pas pareil. Sculpter, c’est taper
avec un marteau, ce sont des gestes durs,
froids, agressifs. J’ai besoin de ressentir la
terre entre mes mains, de travailler ces fa-
meuses finitions avec mes doigts. Je me plais
à hachurer la matière et cela me permet de
jouer avec les ombres.
PI : Vos œuvres ont l’air d’être en apesan-
teur. Comment arrivez-vous à combiner le
poids de l’œuvre à la légèreté de l’action ?
EF :
Une sculpture pèse toujours son poids.
C’est par lemouvement que je crée que je vais
la rendre légère à l’œil. Je joue avec les équi-
libres. Selon moi, une sculpture ratée est une
sculpture qui donne l’impression de s’enfon-
cer dans le sol par le poids de sa masse. Mon
travail repose sur l’équilibre de cette masse
afin de la rendre aérienne lorsqu’elle est en
mouvement.
PI : Qu’est-ce qui vous plaît dans le fait de
sculpter des corps ?
EF :
Même si j’aime la femme, je préfère tra-
vailler le corps de l’homme. Modeler l’hom-
PORTRAIT
P U T E A U X I N F O S - D É C E M B R E 2 0 1 2
71
1...,61,62,63,64,65,66,67,68,69,70 72,73,74,75,76,77,78,79,80,81,...96
Powered by FlippingBook