1er Sommet du Grand Paris

Joëlle Ceccaldi-Raynaud, Maire de Puteaux et première vice-présidente de Paris-La Défense, et Jean-Christophe Tortora, président de la Tribune, ont ouvert ce mardi matin la première édition du Sommet du Grand Paris, à l’Arche de la Défense.

1er Sommet du Grand Paris

Cette rencontre, organisée par le journal économique La Tribune, en partenariat avec la Ville de Puteaux, a pour but de débattre des grands enjeux à venir et de réunir les principaux acteurs économiques, privés comme publics, du Grand Paris.
 

Deux ans après le Brexit, la région Capitale déploie ses ambitions de ville monde en matière d’attractivité, de transports et de mobilités, de logements et d’infrastructures.
 
Tous les grands défis de la Région Île-de-France et de la métropole du Grand Paris ont été passés au crible : Grand Paris Express, CDG Express, JO 2024, développement des quartiers d'affaires (La Défense) et des territoires de demain (Plaine Commune, Saclay…).
 
Joëlle Ceccaldi-Raynaud, interviewée par La Tribune dans le cadre du Sommet du Grand Paris, nous livre sa vision et ses attentes sur ce nouveau projet de gouvernance et de gestion du territoire.
 
 

1er Sommet du Grand Paris

 

Interview de Joëlle Ceccaldi-Raynaud, par La Tribune

Joëlle Ceccaldi-Raynaud, maire (LR) de Puteaux, ville hôte du Sommet organisé par La Tribune ce 19 juin, presse le président de donner sa feuille de route.

LA TRIBUNE - Que signifie pour vous le terme de Grand Paris ?

JOËLLE CECCALDI-RAYNAUD - Pour moi, le Grand Paris est une nouvelle façon de concevoir la vie de la cité dans un environnement global. Le Grand Paris, c'est l'idée que l'on se fait tous d'un territoire permettant d'avoir une véritable attractivité internationale pour le seul bien-être de ses habitants, un territoire moderne, connecté, citoyen, écologique... Le Grand Paris, c'est aussi construire un récit commun. L'idée d'un Grand Paris ne date pas d'aujourd'hui. Elle était déjà dans la tête de Napoléon Bonaparte ! En 1802, en visite au Havre, Napoléon a affirmé : « Paris-Rouen-Le Havre, une seule ville dont la Seine serait la grande rue. »

Quel premier bilan tirez-vous dix ans après le lancement du Grand Paris par Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy a été le premier instigateur politique du Grand Paris. Pour lui, c'est un projet qui devait rappeler que « quand un pays bâtit et entreprend, il est en renaissance ». À l'époque, le Grand Paris devait aller bien au-delà des frontières de l'Île-de-France, Le Havre comme premier port du Grand Paris, l'Axe Seine permettant de donner sens au projet de Napoléon Bonaparte. Dernièrement, les départements normands de l'Eure et de la Seine-Maritime ont relancé cette idée avec ceux des Yvelines et des Hauts-de-Seine. Mais tout a été stoppé en 2012 avec l'arrivée de François Hollande. Dix ans déjà et reconnaissons que nous n'avons pas vraiment avancé... Où est le Grand Paris des projets initiés par Nicolas Sarkozy ? Le Grand Paris est malade de la lourdeur administrative française et de l'absence de visions de nos gouvernants. Quant aux réseaux de transport, le Grand Paris Express, les lignes stratégiques seront bien livrées pour 2024, mais les autres, faute de moyens, le seront plutôt en 2030. Le réseau de transports est le squelette essentiel de cette construction territoriale.

Qu'est-ce qu'il manque au Grand Paris ?

De la cohérence dans les projets avant une gouvernance et un État locomotive ! Aujourd'hui, nous sommes plutôt en face d'un Grand Paris des grues, qui ne fait rêver que les promoteurs immobiliers et qui inquiètent les habitants par manque d'informations. À part le Grand Paris Express, retardé par le gouvernement, aucun projet concret ne prend forme. Sans ambition, difficile en effet d'y mettre les moyens. Le Grand Paris doit s'appuyer sur un État fort, locomotive de ce projet. Ce qui n'est pas le cas. La Métropole du Grand Paris (MGP) s'évertue à faire vivre cette idée du Grand Paris sans moyens et sans soutien. Sans moyens car cette institution n'a plus les moyens nécessaires pour porter les projets qui sont les siens. En asphyxiant petit à petit les collectivités, l'État tue le Grand Paris.
La MGP fait néanmoins un grand effort de communication. Dernièrement, elle a lancé une consultation auprès des habitants dans le cadre de l'élaboration de son schéma de cohérence territoriale (SCoT). Une belle initiative ! Financement des projets de voirie, rénovations de bâtiments publics, subventions aux véhicules électriques... Elle est un fort soutien aux territoires, mais pas encore un réel levier. Mais c'est bien à l'État de lui donner une véritable force de frappe.

Comment faites-vous de la pédagogie sur les différentes strates administratives auprès des habitants ?

Faire de la pédagogie, cela signifierait qu'il y a quelque chose de concret à expliquer. Or, ce n'est pas le cas ! Emmanuel Macron avait affirmé pendant sa campagne que le Grand Paris allait être une de ses priorités, l'échelon territorial par excellence, symbole d'une France moderne, du « nouveau monde » si on ose l'expression. Plus que le silence des propositions, nous assistons à l'instabilité des décisions. Un jour, les départements disparaissent, un autre jour, ce sont les territoires... Le macronisme, école de la patience selon ses fidèles, est en train plutôt de devenir l'école de l'incohérence. Tous les deux mois, on promet aux élus locaux que la fin du suspense est proche pour annoncer finalement qu'elle est remise aux calendes grecques. Le sujet est complexe, certes, et le président se doit de prendre une décision. Maintenant, rendez-vous à l'été 2019, date promise par le président pour donner sa feuille de route. Espérons que d'ici-là, une rencontre avec les élus locaux sur la question aura bien lieu.

Puteaux couvre 70% de La Défense. Voyez-vous un effet Brexit ?

La Défense s'est construite autour d'une idée forte : devenir le plus grand quartier d'affaires européen et peser dans l'économie mondiale. Elle redevient "the place to be" notamment grâce au nouvel établissement Paris La Défense qui mène une politique de renouvellement et de développement de La Défense. Le Brexit prendra effet dans un an, en mars 2019. Huit tours seront construites d'ici 2024 afin d'accueillir de nouvelles entreprises. En attendant, l'Autorité bancaire européenne doit faire son choix entre La Défense et Paris pour installer son siège. Quelques entreprises ont déjà succombé aux avancées de La Défense. Des groupes tels que la Société générale, JP Morgan, et HSBC ont annoncé vouloir rapatrier leurs équipes londoniennes à La Défense. L'ascensoriste Schub a déjà décidé de relocaliser son siège européen dans la tour Carpe Diem. Dernièrement, Total a souhaité aussi relocaliser toutes ses équipes européennes dans une seule et même tour : The Link. Il est également à mentionner que les loyers sont plus attractifs à La Défense qu'à la City.
Les points forts de La Défense sont nombreux : son réseau de transport, la U Arena inaugurée en octobre dernier, haut lieu de loisirs et d'événements, sa proportion de diplômés, la rénovation des tours... L'année 2016 a été également une année record avec 275.000 m² de bureaux commercialisés.
Au-delà de l'effet Brexit, la reprise en main du quartier d'affaires par les élus locaux, via l'établissement Paris La Défense présidé par Patrick Devedjian, va changer le visage de cet endroit. L'espoir renaît. Au-delà de l'effet Brexit, c'est le travail des élus qui fera avancer La Défense.

 
 

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