Retour sur la 1ère édition du festival guitare

À quelques mois de la 2e édition du Festival Guitare, consacré au son du jazz manouche et du flamenco avec un hommage à Paco de Lucia considéré comme le plus grand guitariste flamenco de tous les temps.
Festival de guitare

Mais avant de découvrir ce que vous réserve cette 2e édition, retour sur la première où le Conservatoire JB Lully a résonné de riffs et donné le tempo pendant ces trois jours consacrés à la guitare !
 
Sous la houlette de Jean-Félix Lalanne, parrain de cette première édition, tous les grands noms de la guitare se sont réunis pour vous offrir le meilleur de la musique.
Vous avez été plus de 2300 à vous rendre aux masters class, aux concerts, à admirer les magnifiques instruments des quarante luthiers présents et à tester les guitares dans des studios aux conditions optimales, à savourer l’histoire de la guitare avec Gaëdic Chambrier et à vibrer avec l’Orchestre Colonne !
 
Rock, Soul, Funk, Jazz, Blues, Jazz manouche, classique, la guitare était dans tous ses états ! Dans ce numéro, retrouvez les moments phare de ce grand succès de cette première édition qui annonce la seconde dès la rentrée prochaine !

 

JOUEURS DE GUITARE ÉCLECTIQUE
Pendant ces trois jours, Jean-Félix Lalanne a arrangé ses propres compositions et celles de Jean-Marie Ecay et d’Éric Gombart pour orchestre classique. Le parrain du premier Festival Guitare de Puteaux était partout !
 
Avec son compère Éric Gombart, il a donné une master class, la veille de son grand concert Autour des Cordes avec l’Orchestre Colonne. Devant une salle comble, les musiciens ont expliqué leur parcours et leur rapport à la guitare. Après il s’est dirigé vers une autre salle pour les répétitions. Il s’est même essayé à la partition numérique !
 
Nous avons pu recueillir ses propos entre deux portes du Conservatoire Lully.
 

JEAN-FÉLIX LALANNE

Infoscope : À deux jour du festival comment vous sentez-vous ?

JFL : : Je suis très excité au sens anglais du terme. Il y a beaucoup de choses et je prépare un spectacle très riche en termes d’écriture, de musique, de culture musicale parce qu’on voyage dans le romantisme classique, le jazz en passant par le funky et le blues, avec des mariages peu communs comme une symphonie que j’ai créée pour guitare orchestre. De plus, nous ne travaillons plus sur les partitions en papier mais sur tablette numérique !

Infoscope : Qu’attendez-vous de ce festival ?

JFL : J’en attends énormément. Je trouve que Patrick Marco et la municipalité font un travail très appréciable et très courageux. On sait très bien qu’en ce moment c’est très difficile de monter de grands projets… La guitare est l’instrument le plus populaire au monde et c’est le seul qui a autant de style différent, de techniques différentes. C’est un instrument très riche. En tant que parrain de ce festival, j’entends contribuer au maximum pour faire que ce festival perdure.
 

Artistes du Festival guitare 2017

 

1ère édition du festival en vidéo

  

JEAN MARIE ECAY

« Ce qui me fait plaisir c’est que l’on va jouer des morceaux que j’ai composés, arrangés pour orchestre. C’est une initiative de Jean-Félix Lalanne et je suis très curieux d’entendre ça ! Du coup les entendre avec un orchestre c’est très excitant et pour moi c’est très gratifiant de pouvoir participer à une telle expérience. »

 

ÉRIC GOMBART

« Quand Jean-Félix Lalanne m’a proposé de participer à la première édition d’un festival de guitare j’ai accepté immédiatement ! Mais le plus original est de jouer nos compositions, accompagné d’un orchestre classique avec des cordes et des violons ! C’est une première pour moi, d’autant que je n’ai jamais joué avec Jean-Marie Ecay que je connais de réputation. En plus, je découvre le conservatoire de Puteaux qui est magnifique ! Tout est là pour faire de la musique ! J’espère que ce Festival aura de nombreuses autres éditions. »

 

LAURENT PETITGIRARD

Compositeur et chef du prestigieux orchestre Colonne, Laurent Petitgirard s’est prêté à l’exercice fastidieux et décalé d’accompagner avec ses musiciens classiques, Jean-Félix Lalanne, Éric Gombart et Jean-Michel Ecay à la guitare ! Sur une composition pour orchestre guitare signée Jean-Félix Lalanne, le concert Autour des Cordes a tenu toutes ses promesses face à une salle comblée de plaisir ! Nous avons pu rencontrer Laurent Petitgirard en pleine répétition en salle Lully sur partition numérique !

Infoscope : Pourquoi avez-vous accepté de participer à la première édition du Festival Guitare de Puteaux ?

LP : Évidemment, ce n’est pas du tout l’univers dans lequel j’évolue. Je suis un musicien classique avant tout. Ceci dit j’ai beaucoup composé de musiques de films. Dans ma jeunesse, j’ai été dans des groupes un peu pop. J’étais la honte de la famille car je jouais Mozart un soir et le lendemain je jouais avec les musiciens de Martin Circus, du groupe Magma… Et j’ai toujours adoré le jazz brésilien ! Je connais bien Jean-Félix Lalanne car il est très impliqué dans différentes commissions de la SACEM que j’ai présidée pendant toutes ces années. Colonne est un orchestre dont les musiciens travaillent énormément. C’est un orchestre qui se prête très bien à des choses un peu décalées. Il faut appréhender les mesures à la fois de manière très classique ou dans des systèmes plus ternaires. L’anticipation n’est pas la même. Il faut travailler très vite et dans ce genre de cas, c’est bien utile d’avoir un vieux crabe comme moi qui connaît le métier (rires) !

Infoscope : Que pensez-vous de genre d’événement qu’est le Festival Guitare de Puteaux ?

LP : La guitare est un instrument extrêmement populaire qui a la fausse et horrible réputation d’être facile. Certes, on peut rapidement faire semblant, plus qu’un piano, mais c’est un instrument extrêmement difficile. Ce Festival organisé par Puteaux permet de comprendre que ce n’est pas un instrument à prendre à la légère et montre tout le travail qu’il exige.

 

GAËDIC CHAMBRIER ET LES QUARANTES GUITARES

Stars du festival, les 40 guitares de Gaëdic chambrier ont suscité beaucoup d’intérêt et de curiosité. Certains ont découvert la richesse de cet instrument si populaire. Depuis des années Gaëdic Chambrier chine des spécimens rares et anciens. Vous avez pu voir de très belles reproductions de guitares datant du 10e siècle mais aussi des originales dont la plus ancienne remonte à 1820. Gaëdic Chambrier s’est produit sur la scène de la Salle Gramont entouré de ses 40 guitares. En jouant d’une vingtaine d’instrument dans leur répertoire d’origine, il raconte l’histoire de l’instrument le plus populaire de la musique.

Nous l’avons rencontré pour qu’il nous raconte son histoire !

 

Infoscope : Selon vous, en quoi cette première édition du Festival Guitare de Puteaux est importante ?

Gaëdic Chambrier : Je pense que c’est essentiel de mettre en lumière et en valeur le travail des luthiers. Ce festival cumule les intérêts autant pour les professionnels que pour le public.

Infoscope : Vous êtes reconnu par le milieu de la musique pour donner des cours qui sortent de l’enseignement académique. Pouvez-vous nous expliquer votre approche de la guitare ?

GC : Je ne suis pas enseignement mais je peux intervenir ponctuellement dans des master classes sur des techniques de jeux qui me sont propres et qui sont liées à mon parcours éclectique. Je suis issu de la guitare électrique et du métal puis je me suis orienté vers les instruments acoustiques. Pour autant, je n’ai pas abandonné ce que j’avais appris. Il existe de nombreuses techniques dérivées de la guitare électrique. Je me suis ensuite intéressé aux accordages alternatifs, aux accords ouverts. Aller à la rencontre de gens qui sont sur des cursus académiques peut présenter un intérêt pour eux de voir que l’on peut faire d’autres choses avec cet instrument. Ce qui permet à mon sens de s’approprier l’instrument et d’avoir une façon de jouer plus personnel.

Infoscope : comment est né ce spectacle si particulier ?

GC Depuis de nombreuses années, je fais l’acquisition progressive d’instruments. Dans un premier temps, il y avait une vocation utilitaire. Au fur et à mesure, je les ai accumulés mais sans pouvoir tous les jouer… De voir de tel instruments que je confisquais à la musique, je me disais ce n’est pas possible !  J’ai commencé à réfléchir à un principe qui me permettrait de les pratiquer. J’ai alors multiplié mes interventions et dans un second temps, j’ai optimisé ma collection avec des instruments rares. L’idée est née de monter une collection cohérente autant sur le plan historique que musical, représentative de la guitare. J’ai pu alors travailler chacun des instruments pour les présenter au public. La guitare est un instrument assez méconnu dans sa globalité. Elle fait partie d’une famille tellement vaste qui est en évolution depuis des centaines d’années !

Infoscope : Présentez-nous votre spectacle, Histoires de guitares ?

GC : Le but du jeu est de les présenter une à une et de les jouer dans leur répertoire d’origine avec les techniques de l’époque concernée. À une ou deux exceptions près, je les joue à contre-emploi pour montrer que ce spectacle est un exercice de style. Il ne faut jamais perdre de vue, qu’un instrument quel qu’il soit, peut être détourner très simplement de son usage d’origine. À titre personnel, dès que je ne suis plus dans « Histoires de Guitares », j’aime bien détourner les instruments et les utiliser à ma façon. D’où les accords ouverts, je change les accordages des instruments et j’en fais ce que j’ai à en faire !

Infoscope : Si vous ne deviez choisir qu’une guitare ?

GC : Choix difficile… Mais je choisirais la guitare mandole double manche. C’est autant pour des raisons de cœur que pour des raisons objectives de musique. Elle a été fabriquée par le luthier Patrick Querleux, le premier a avoir cru en mon spectacle. C’est aussi la guitare dont je me sers le plus. Le manche du bas est une guitare, un peu particulière à la carte, plus aïgue. Et l’autre manche est une mandole. Les deux instruments sont en sol et il y a de très belles résonnances !

 

Pour suivre l’actualité de Gaëdic Chambrier : gaedicchambrier.com
Instagram : @gaedicchambrier

 

JEAN-MICHEL KAJDAN, GUITARE ACCORDS ET À CRIS

Sideman légendaire, il a accompagné Jacques Higelin, Michel Jonasz, Eddy Mitchell, Coluche, Alain Souchon, Joe Dassin et bien d’autres. Musicien hautement expérimenté, Jean-Michel Kajdan a su réinventé le blues à sa manière avec un sens de la mélodie innée et une intensité du touché incroyable. Sa musique est imprégnée d’un blues électrique et nourri au jazz. Quelques instants avant de monter sur la scène de la Salle Gramont avec son trio Kajdan Rough, nous avons parlé avec le guitariste autodidacte de ses passions, la musique et la guitare !

 

Infoscope : Pourquoi avez-vous accepté de participer à cette première édition du Festival Guitare de Puteaux ?

Jean-Michel Kajdan : Déjà il n’y a pas beaucoup de festivals de guitare… Donc c’est avec un grand plaisir que j’ai accepté quand Patrick Marco, directeur du Conservatoire Lully, m’a contacté. De plus participer à une première édition donne un sentiment de fierté, d’être à la base de quelque chose de nouveau. C’est toujours intéressant car nous sommes une grande famille. Bien que je n’ai jamais revendiqué cette identité guitaristique, je me suis rendu compte que la guitare est un instrument populaire et fédérateur. Aujourd’hui, j’assume d’avantage d’être guitariste.

Infoscope : Selon vous pourquoi la guitare est si populaire ?

JMK : La guitare est indissociable de l’imagerie de la pop, du rock, et même au travers de toutes les nouvelles musiques : électro, hip hop... Elle continue d’avoir la même aura, peu importe la génération. Tout le monde a une guitare qui traîne dans un coin…

Infoscope : Comment êtes-vous devenu le chef de file du Blues Moderne ?  

JMK : J’étais au lycée dans le milieu des années 60 et la musique qui régnait à cette époque était le british blues. Je suis tout de suite tombé dedans. À 1’âge de 12 ans, ma grand-mère m’a acheté ma première guitare. J’ai passé beaucoup de temps à regarder les autres et j’ai monté mes premiers groupes. J’ai travaillé la technique à fond. Mais j’avais envie de travailler une musique de plus grande envergure, plus harmonique. Je me suis alors intéressé au jazz.

Et tout simplement, j’ai voulu mêlé le blues au côté plus savant et construit du jazz. Dans les 70/80 est apparu le jazz californien, on pouvait y déceler du blues avec des mélodies assez mémorisables, un jazz plus grand public sur lequel on pouvait danser. J’ai peaufiné ce son. J’ai essayé de garder ce cap en l’enrichissant, en écoutant de plus en plus de jazz et de blues, en en insérant ma perception. Ce que je propose c’est uniquement mon interprétation à travers mon expérience. J’aime le blues moderne qui a toute la consistance de la rue, des vieux blues men qui jouent avec peu de technique mais beaucoup de contenu et une espèce d’enrichissement de l’harmonie issu du jazz.

Infoscope : Vous proposez une master class. Est-ce un exercice qui vous plaît ?

JMK : Oui c’est très plaisant d’expliquer son parcours à des gens qui ont l’air intéressés. Mais il faut le faire avec beaucoup d’humilité parce que ça ne veut pas dire qu’il est mieux qu’un autre ! J’ai vécu des expériences et ce qui m’a toujours porté c’est le goût pour l’écoute et la découverte de nouvelles expériences.

Infoscope : Parlez-nous de Kajdan Rough, votre trio avec lequel vous allez vous produire au Festival :

JMK : Ça faisait longtemps que j’avais envie de jouer en trio bien que ce soit un exercice à la fois passionnant et difficile. C’est une prise de risque où à chaque note on est dépendant de ce que jouent les deux autres. Ce sont trois personnalités, trois solistes, sur l’instant qui jouent en même temps. Il y a beaucoup d’improvisation basé sur la perception immédiate, sur l’instant. Laurent David à la basse et Jean-Christophe Calvet à la batterie sont deux musiciens exceptionnels avec qui je vais jouer des titres de l’album que nous avons enregistré ensemble : In a new light (2013) et OnOff (2015). Ma particularité réside dans le fait que je travaille avec des musiciens qui ont 20 ans d’écart avec moi. On a écouté la même chose mais pas à la même époque, et donc avec une perception différente, ce qui m’a donné un coup de fouet ! Ça m’a permis de progresser, même à 60 ans passés !  

 
 
 

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